Cinémathèque Québécoise

Dans ma peau

Réalisé par Marina De Van

Crédits  

Réalisateur

Marina de Van

Scénario

Marina de Van

Interprètes

Marina de Van, Laurent Lucas, Léa Drucker

France 2002 93 mins V.O. française Sous-titres : anglais
Genre DrameHorreur

“Harrowing… as unrelenting an exploration of isolation and dissociation as Roman Polanski's REPULSION''
– NEW YORK TIMES

“A mesmerising performance”
– PROJECTED FIGURES

Projection 20e anniversaire

DANS MA PEAU de Marina de Van est arrivé au moment où la nouvelle vague de cinéma d’horreur français qu’on a surnommée « New French Extremity » atteignait son point culminant. Comme le sanglant TROUBLE EVERY DAY de Claire Denis, paru l’année précédente, c’est l’histoire d’une cannibale – d’une certaine façon.

Alors connue pour ses collaborations avec François Ozon, Marina de Van signe ici son premier long métrage en tant que réalisatrice, où elle joue une prospère assistante en marketing qui se blesse accidentellement à la jambe en titubant à travers une cour arrière lors d’une fête avec des collègues. Elle fonce dans une série d’obstacles, mais, ne ressentant aucune douleur, elle croit avoir seulement déchiré ses pantalons – jusqu’à ce qu’elle remarque la traînée de sang derrière elle. Par la suite, elle fouille dans sa plaie, creusant à travers ses points de suture au bureau, à la salle de bain, dans des restaurants. D’abord physiquement désorientée, elle tombe éventuellement amoureuse de sa propre peau, rêvant de voir ce qui se cache sous cette dernière.

Comme bien des chroniques cinématographiques de la névrose féminine, le film de Marina de Van, une étonnamment transcendante vision de l’autocannibalisme et de la découverte de soi, met en scène une femme se sentant divisée. De l’extérieur, elle semble ambitieuse et en contrôle, mais un accident la mène à littéralement se mutiler. « C'est par le corps que je suis dans le monde, et que je suis en rapport avec les autres », a confié la cinéaste en entrevue. « Si je ne suis plus mon corps, qu'est-ce que je suis “dedans”? » – Traduction: Kevin Laforest